La musique est une machine à remonter le temps. Avec ce simple postulat, le festival rainy days 2010 vous
embarque, sous la devise «back to the future», du 21e au 15e siècle (et retour, risque de péripéties auditives).
Chaque visite dans le passé, à vrai dire, peut influencer durablement l’avenir (spécialement pour les compositeurs).
Les voyages dans le temps peuvent renforcer la perception des contrastes (par exemple lorsque les Quatuors Arditti
et Auryn confrontent les Sept dernières paroles du Christ de Haydn à sa transformation par Bernhard Lang).
D’étranges rencontres ne sont pas à exclure (Nicolas Hodges, Brice Pauset et Johannes Ockeghem se retrouvant,
entre le Moyen-Age et les temps modernes, près de L’Art de la fugue). On peut compter sur des révélations (dont la
mise en relation par Helmut Lachenmann, lors d’un concert de l’OPL, de sa pièce orchestrale Accanto avec le Concerto
pour clarinette de Mozart). Tout objet futuriste à la première écoute s’explique par lui-même (notamment lors du
récital du 75e anniversaire de Lachenmann, traversant quatre siècles de musique). De nombreuses questions restent
bien sûr en suspens (les essais de correspondance épistolaire de Jacques Rebotier avec Beethoven restent à ce jour
sans réponse). Mais quelques coups d’oeil vers l’avenir sont déjà très prometteurs – avec rainy days 2010, John Oswald,
Philip Jeck, Wolfgang Mitterer et DJ Spooky that Subliminal Kid vous transportent en fins experts dans le futur.